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Dans un rapport publié mercredi 28 avril, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) appelle à sanctionner l’effet dévastateur des conflits armés et autres violences générées par l’humain sur l’environnement.

« La dégradation de la nature augmente la probabilité d’un conflit, tandis que les guerres sont non seulement dévastatrices pour les individus mais aussi pour l’environnement », a déclaré Dr Bruno Oberle, le directeur général de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)

Comment les conflits armés affectent la biodiversité ?

La dégradation de l’environnement serait associée à un risque plus élevé de conflit. Après avoir examiné plus de 85 000 conflits armés s’étant produits au cours des 30 dernières années et ayant causé la mort de plus de deux millions de personnes, l’UICN conclut que ces violences étaient plus susceptibles d’éclater dans les pays où les terres agricoles sont moins productives et où les sécheresses sont fréquentes.

Le rapport constate également que les conflits armés sont particulièrement fréquents dans certaines des régions du monde les plus riches en biodiversité. D’après l’UICN, 219 espèces menacées sont confrontées aux « guerres, troubles civils et exercices militaires ».  Alors que certains de ces animaux sont tués, d’autres voient leur écosystème ravagé.

Plusieurs espèces emblématiques sont ainsi menacées par les guerres, comme le gorille de l’Est, en danger critique d’extinction, qui vit en République démocratique du Congo, au Rwanda et en Ouganda.

La gestion durable des ressources naturelles peut réduire le risque de conflit armé

Bien qu’il n’existe pas de solutions simples, ce rapport de l’UICN recommande des mesures concrètes pour conserver la nature et promouvoir la paix simultanément ; notamment renforcer la gouvernance des ressources naturelles par des mesures comme la prise de décisions inclusive, l’amélioration de la responsabilisation et la reconnaissance des droits des peuples autochtones et des femmes. Le rapport recommande l’établissement de protections explicites pour le personnel des zones protégées et d’autres défenseurs de l’environnement, ainsi que des sanctions contre ceux qui commettent des crimes de guerre contre l’environnement.

De tels efforts permettraient « de soutenir les moyens de subsistance et le bien-être des communautés locales et autochtones en temps de paix, et contribuent à réduire le risque d’éclatement des conflits »,  a souligné Kristen Walker, qui préside la commission de l’UICN sur les politiques environnementales, économiques et sociales.